Une bien chère participation citoyenne

Lors du conseil municipal du 27 septembre, la municipalité nous a dévoilé son projet de participation citoyenne qui devrait être mis en place dès ce vendredi.

Un principe pas vraiment original, puisqu’il est calqué sur la plateforme participative internet lancée il y a quelques mois par la Métropole de Lyon avec un succès plus que médiocre : on y voit par exemple une “boîte à idées” pour l’aménagement d’une place à Villeurbanne qui a recueilli 4 contributions et 9 votes, ou encore, une consultation du public sur le Plan de Prévention du Bruit qui, malgré un grand renfort de publicité, n’a accueilli que 368 participants pour 1,4 million d’habitants de la Métropole (soit 00,02% de participation).

Saint-Germain aura donc très bientôt sa plateforme “Je participe”, destinée, dans un premier temps à recueillir les propositions des habitants d’utilisation d’un budget de 15 000€ pour 2022. 3 projets d’investissement de 5000€ maximum déposés sur la plateforme devraient, après que les habitants auront voté pour l’un ou l’autre, être réalisés par la commune.

Combien ça coûte ?

Bien entendu, lors du conseil municipal, nous avons posé à la municipalité une question simple : “Combien ça coûte ?”. Réponse :
– 1500€ HT pour la mise en place de la plateforme
– 200€ HT par mois (2400€ par an) pour l’hébergement de la plateforme
– 2000€ pour 2021 d’accompagnement par une société spécialisée dans la participation citoyenne (sans qu’il ne nous soit précisé si cet accompagnement sera reconduit les années suivantes, ce qui augmentera le coût d’autant).

Sur le mandat, le coût minimum de cette plateforme sera donc de :
2000€ + 1500€ + 54 x 200€ = 14 300€ sans compter les inévitables frais annexes (mise à jour, modifications,…) et les frais qui seront engagés pour faire connaître le dispositif.

Nous espérons, mais doutons, que le système emportera l’adhésion des habitants – et pas seulement d’une poignée de technophiles militants – et ne subira pas le même flop que la plateforme de la Métropole… Une simple règle de trois le faisant redouter : 368 participants pour 1,4 millions d’habitants = 0,84 participant pour les 3200 habitants de notre commune.

Vraiment nécessaire ?

S’il fallait un système de consultation sur internet, était-il vraiment besoin d’infliger au budget communal ces nouveaux coûts récurrents ? Il y a nombre de systèmes totalement gratuits amplement suffisants pour une commune de notre taille.

De plus, les moyens de concertation citoyenne gratuits ne manquent pas… conseil des séniors, conseil municipal des jeunes, réunions publiques, comités consultatifs,… et toutes les instances qu’il est possible de créer sans coût et accessibles à tous et à tous les âges.

Rendez-vous dans un an ou deux pour faire le bilan de cet investissement !

A la cantine, ce sera végé… ou rien !

On l’apprend par une discrète petite ligne en page 6 du dernier Petit Potin, dès la rentrée prochaine – et pour au moins 3 ans – la cantine servira uniquement des repas végétariens 1 jour sur 2.

Ce n’est pas une promesse de campagne, ni le résultat d’une consultation ou d’une concertation, ni une obligation légale, ni une mesure technique liée à la COVID comme l’a prétendu la ville de Lyon, ni même une mesure écologique, et encore moins solidaire.

Non, il s’agit simplement d’une décision unilatérale et dogmatique prise en catimini par les élus de la majorité qui veulent ainsi imposer le régime choisi par 5% des Français aux autres 95%.

Le végétarisme n’est ni vertueux ni écologique, c’est juste un choix de mode d’alimentation que certains font, un choix que n’auront pas nos enfants dès la rentrée prochaine puisque la commune a lancé un appel d’offres au mois de mai, des entreprises ont répondu, et le marché sera signé pour 3 ans durant l’été.

Une loi – très contestée – de 2019 imposait aux communes de proposer le choix d’un menu végétarien par semaine dans les cantines (expérimentation pendant 2 ans).

Parce qu’il était compliqué, coûteux, et probablement générateur de gaspillage, de proposer un choix, nous avions – comme la plupart des communes – opté pour un menu unique végétarien 1 jour par semaine pendant la durée de l’expérimentation, notamment parce que le principe du menu alternatif n’était pas prévu au marché passé en 2018 pour 3 ans. Dans le cahier des charges du renouvellement du marché, nous aurions certainement intégré cette possibilité de choix.

Si certains considèrent qu’il serait écologique de réduire notre consommation de viande, il aurait peut-être été écologique d’intégrer au cahier des charges une réduction des portions, mais pas d’imposer que la moitié des repas de 100% des enfants soient 100% végétariens.

Dans tous les cas, nous aurions aimé que le débat ait lieu et que les parents puissent s’exprimer avant que la décision soit prise.

Mais, décidément, la concertation ce n’est pas le fort de cette nouvelle municipalité.

Rien à dire ? Oh que si !

Quelle n’a pas été notre surprise, ce week-end, de découvrir le nouveau Petit Potin et son encadré “Expression des élus minoritaires”.

S’il ne figure aucun texte, aucune analyse du budget de notre part, c’est tout simplement parce que la Municipalité, contrairement aux numéros précédents, n’a pas cru bon de nous prévenir de la parution, de la date limite pour remettre les 1500 signes qui nous sont si généreusement alloués.

Alors, certes – comme on nous le rappelle ici pour la première fois – une ligne sur la page 8 du Petit Potin de janvier s’adresse aux associations pour leur indiquer “Prochain Petit Potin en avril. Envoyez vos propositions d’articles avant le 11 mars à communication@sgmo.org”. Il faut donc croire que la communication des élus en va de même.

Il aurait donc fallu que nous envoyions notre communication de nous-même – 1 mois avant l’effective parution – et avant même le Conseil municipal consacré au budget (15 mars), sur lequel nous avions – c’est certain – de nombreuses choses à dire.

Sans même qu’il ne nous soit communiqué une date de parution, sans qu’aucune demande de texte ne nous ait été faite. Alors même que la majorité consacre une grande part du Petit Potin à l’exposé du budget voté le 15 mars.

Drôle de conception, et d’application, du droit d’expression – défini par la Loi – des élus n’appartenant pas à la majorité dans toutes les publications communales.

Quoi qu’il en soit vous trouverez ici notre analyse et nos principaux griefs sur ce budget et vous pouvez revoir les débats du dernier Conseil municipal ci-dessous.

Elections municipales : Que s’est-il réellement passé le 15 mars ?

Des chiffres, des faits…

Souvenons-nous : le 15 mars 2020, les élections municipales ont eu lieu à Saint-Germain-au-Mont-d’Or comme partout en France.

Suite à l’épidémie de coronavirus qui s’envolait alors dans notre pays, les autorités sanitaires décidaient le lundi 9 mars de fermer au public l’accès aux établissements pour personnes âgées : plus de 800 000 personnes étaient ainsi confinées. Puis le jeudi 12 mars, le Président de la République annonçait la fermeture des écoles et établissements d’enseignement. Enfin, la veille de l’élection, c’est le Premier ministre qui annonçait la fermeture immédiate des bars, des restaurants et de tous les établissements non essentiels.

Dans un climat de plus en plus anxiogène, l’élection municipale a ainsi logiquement vu le taux d’abstention le plus élevé que nous ayons jamais connu.

À l’issue de ce 1er tour, nous avons en effet pu constater une abstention hors normes : alors que la participation s’élevait en 2014 à 65,61% des inscrits, elle s’est écroulée en 2020 pour atteindre… 39,53% des inscrits seulement !

Seuls 874 habitants se sont déplacés sur les 2153 électeurs de notre commune soit 60,47% d’abstention à Saint-Germain : du jamais vu pour une élection municipale dans notre village. 40% des électeurs qui s’étaient pourtant déplacés en 2014 n’ont pas pu se déplacer en 2020, signant ainsi pour Saint-Germain le record du plus gros écart d’abstention 2014-2020 des 59 communes de la Métropole de Lyon.

La crise sanitaire du Coronavirus a découragé un très grand nombre d’habitants qui votaient habituellement mais qui ont préféré cette fois ne pas prendre de risques ni pour leur santé, ni pour celle de leurs proches, et c’est évidemment compréhensible. Une santé fragile, la crainte de se mettre en danger ou de mettre en danger les siens, l’anxiété suscitée par les messages de prudence lancés par les autorités sanitaires ou politiques, la mise en garde de la famille… les explications et les témoignages que nous avons reçus ont été nombreux.

Considérant que ce scrutin avait été totalement faussé par cette abstention massive et contrainte, des maires et des candidats ont saisi la justice partout en France pour dénoncer cette situation.

Les tribunaux administratifs ont ainsi été submergés par les demandes.

Le choix de contester ce premier tour de l’élection municipale visait à dire que la voix de tous ceux qui souhaitaient voter mais n’ont pas pu le faire devait également être entendue ! Parce que dans un pays comme la France, on ne peut ignorer l’avis de ceux qui ont privilégié leur santé ou celle de leurs proches… à leur vote !

Malheureusement, malgré une mobilisation jamais vue auparavant, les tribunaux ont décrété que l’abstention même contrainte par les circonstances que nous avons connues n’était pas un motif d’illégalité du scrutin.

Si elle n’est pas « juste », l’élection n’en reste pas moins « légale ».

A Saint-Germain, les nouveaux conseillers qui, nous tenons à le souligner, ne sont pour rien dans cette situation exceptionnelle, sont donc rentrés en fonction, élus par 1 habitant… sur 5.

Nous leur souhaitons bon courage au service de tous les habitants de notre village et jouerons bien sûr notre rôle de conseillers non majoritaires mais très vigilants sur les décisions prises pour l’avenir de notre commune.

Pourquoi ce site ?

Depuis la dernière élection municipale, la Loi rend obligatoire qu’un espace d’expression soit réservé aux élus n’appartenant pas à la majorité municipale sur toutes les publications communales informant sur les réalisations et la gestion de la municipalité et ce, quel que soit le support, physique ou virtuel.

Lors du Conseil municipal du 23 novembre 2020, les élus majoritaires ont choisi de :

  • limiter cette expression dans le Petit Potin à 1000 caractères, ce qui est très exactement ce que vous trouverez dans le prochain numéro, et qui permet tout juste de vous donner quelques informations “télégraphiques” ;
  • refuser qu’une page d’expression soit mise à notre disposition sur le site internet de la commune, considérant que, le Petit Potin étant téléchargeable sur le site, cela suffisait amplement à satisfaire la législation…

Dès lors, il nous a semblé indispensable de vous proposer cet espace indépendant sur lequel nous pourrons développer une information plus précise et détaillée.